Arrivé en provenance de Créteil au Paris FC, Cyril Mandouki fait partie intégrante de la formation de Fabien Mercadal qui l’avait déjà connu sous ses ordres lors de son étape à Dunkerque. Le milieu de terrain défensif est revenu sur son parcours, le coach et la Ligue 2. Entretien

Né à Bagneux (92), Cyril Mandouki a évolué depuis la catégorie Poussins, en passant par toutes les catégories jeunes jusqu’à l’équipe première de sa ville natale, avant de rejoindre le club de Sainte-Geneviève en CFA après ses 21 ans. « C’est mon coach de Bagneux, lors de ma dernière année, qui m’a envoyé faire un essai là-bas. Ils m’ont bien aimé et j’ai fait une seule année avec eux où je jouais au poste de milieu de terrain et marqué dix buts. Je travaillais en parallèle dans un collège en tant que surveillant après avoir obtenu un BTS commercial. Je ne voulais pas rester sans rien faire donc j’ai travaillé en tant que pion avec un contrat de 30 heures où je commençais ma journée à 7 heures et je finissais vers 15 heures. Ensuite, je rentrais chez moi, je mangeais et j’allais directement au foot », a expliqué le joueur.

Après ton aventure parisienne, tu as eu la possibilité de signer à Dunkerque, comment est-ce arrivé ?
C’est au départ un agent qui a contacté Fabien Mercadal qui entraînait à cette période Dunkerque. Il a regardé une de mes vidéos car c’est un grand passionné et m’a dit « OK » sans faire d’essai, et j’ai signé directement où je suis passé de CFA2 à National. Il a eu confiance en moi directement. La première fois que je suis allé à Dunkerque c’était pour signer mon contrat. J’ai visité la ville rapidement, j’ai signé et je suis rentré chez moi en région parisienne. Après ma première année à Dunkerque, je fais une bonne préparation et lors du dernier match de préparation, on me tacle et je rate 4-5 mois de compétition. Je reviens ensuite en coupe de France et c’était dur car au retour je ne connaissais pas vraiment le niveau, donc je rame un peu puis je commence à faire ma place. Ce n’était pas forcément facile mais on s’accroche. J’ai fait une quinzaine de matchs quand même, je joue vers la fin de saison et l’année d’après je fais une saison pleine. J’arrivais au bout de la troisième et malgré que Dunkerque soit un bon club, il manque d’ambitions et de moyens. Je suis allé voir Fabien pour lui dire que je ne restais pas et il m’a dit « bah moi non plus ». Ça se sentait que c’était la fin d’un cycle. Il avait réussi à me retenir lors de la deuxième saison à Dunkerque lorsque je voulais partir. Je n’ai pas regretté mon choix car c’était cool, j’avais 21 ans, c’était la première fois que je vivais tout seul et moi je suis plutôt solitaire donc ça ne me dérangeais pas vraiment.

« Je ne voulais pas rester sans rien faire donc j’ai travaillé en tant que pion »

Après Dunkerque, tu as été approché par l’US Créteil…
On m’avait dit que Créteil était intéressé. Je suis originaire de Paris donc retourner là-bas c’était parfait pour moi. Malheureusement, la saison ne s’est pas super bien passée. D’ailleurs, le Paris FC nous avait pas mal giflé cette année là, en début et en fin de saison de National. Je n’aime pas dire que les saisons sont à oublier mais ce n’était pas une belle saison malgré que j’ai joué beaucoup de matchs. A la fin, Créteil ne me voulait plus. Le coach me dit qu’il allait partir sur quatre milieux donc on ils ne m’ont pas proposé de prolongation pour l’année suivante. J’avais plusieurs offres d’après mon agent, mais tant que ce n’était pas concret je n’y prêtais pas vraiment attention, car tous les coachs aiment tous les joueurs, mais quand il faut proposer quelque chose, il n’y a plus grand monde. Etant donné que je me suis marié, je voulais rester à Paris, et dans le coin il y a Créteil, Red Star et le Paris FC si je voulais rester au niveau National. On me dit que le Paris FC était intéressé par moi et c’est Fabien Mercadal qui m’appelle un jour et me dit : « Je vais reprendre le Paris FC, est-ce que ça t’intéresses ? ». Je lui ai dit « oui à fond » et j’avais déjà en tête de rejoindre le club mais c’était encore mieux avec un coach que je connaissais déjà et en plus à Paris. Après, il y a eu histoire de la montée en Ligue 2 par la suite, mais moi j’étais venu pour disputer ma saison de National et monter avec le Paris FC.

Tu découvres la Ligue 2 pour la première fois…
Oui, et pour moi la grande différence, c’est la qualité des terrains. Car en National les pelouses sont grasses et ça sent la frite des fois (rires). Le niveau de jeu est au-dessus car il y a des joueurs confirmés. Le National c’est le charbon et très physique. Il y a énormément de joueurs de National avec qui j’ai joué, je suis sûr que si tu les mets en Ligue 2, ils se baladent. Des mecs comme Redouane Kerrouche, Thomas Delaine ou encore Souleymane Karamoko, on dirait pas qu’ils n’ont pas côtoyés la Ligue 2. Des joueurs avec qui j’ai joué en National, tu en as qui ont largement le niveau mais il faut avoir un peu de chance, de travail, un peu de tout.

« En National les pelouses sont grasses et ça sent la frite des fois »

On te surnomme « le fils du coach » dans le vestiaire, est-ce vrai ?
Non non ce n’est pas moi, le chouchou c’est Malik (NDLR: Tchokounté). Forcément j’arrive en même temps que lui et c’est lui qui m’a fait découvrir le National. Il m’a fait confiance et m’a fait signer un contrat alors qu’il ne m’avait même pas vu jouer. Je ne suis pas quelqu’un qui a été formé dans un club ou autre, je jouais en bas de chez moi donc j’ai bossé aussi. Rien que le fait de signer en National, c’est un pari qu’il a fait et il n’était pas obligé de le faire. On arrive au Paris FC ensemble et on se dit forcément « ah il a ramené ses chouchous« . On a des antécédents et si demain j’arrête d’être sérieux et Malik aussi, je pense qu’il va plus m’allumer moi que certains joueurs. Après, on s’apprécie normalement comme la plupart des joueurs. On a été trois ans ensemble donc normal. Mais c’est Malik le vrai chouchou ! (rires)

Justement, tu as connu Fabien Mercadal comme un coach assez sanguin, as-tu des anecdotes à nous faire partager ?
Un jour, on réalise une mauvaise série. Il me semble que l’on perd trois fois et on fait deux matchs nuls. Le coach vient vers nous et nous dit : « Je saute si on n’a pas 6 points en 3 matchs. Ma parole je pars du club ». Lorsqu’on a gagné notre match, il est allé voir les supporters et leur a fait de grands gestes. Ou encore un autre jour, on s’entraînait et il y a deux joueurs du vestiaire qui veulent se battre. Le coach les regardent et dit : « Continuez mais allez vous battre ailleurs ». Sans réaction, sans émotion, on regardait tous un peu la bagarre et il nous disait : « Allez jouez jouez ! ». Il y a eu trop de pétage de plombs. Aujourd’hui, limite je ne reconnais pas le coach car il s’est calmé comparé à avant, il est beaucoup plus diplomate que ce soit dans le vestiaire ou sur le terrain. Il est un peu fou mais très passionné. Je n’étais pas parti de Dunkerque en mauvais termes avec lui. Il est parti à Tours ensuite et limite s’il avait pu m’emmener avec lui il l’aurait fait. Le problème, c’est que lorsqu’il a pris Tours, il passait à la DNCG assez tard. J’ai été honnête avec lui et j’ai dis que je ne pouvais pas attendre longtemps, que Créteil me voulait et ne pouvait pas patienter plus. Et puis après ça s’est mal passé pour lui à Tours, moi à Créteil, et lorsqu’il reprend le Paris FC il m’a appelé.

Tu es un grand fan de NBA ?
Tout à fait ! Si j’avais pu j’aurais fait du basket, mais bon je suis petit. En plus, tu es au chaud toute la saison (rires). Je suis beaucoup la NBA car la Pro A je n’arrive pas vraiment à accrocher. Je suis un grand fan de Cleveland avant même que Lebron arrive. Je ne suis jamais allé, je comptais aller cet hiver mais il fait trop froid donc je préfère aller en Martinique (rires).

Connaissais-tu des joueurs en arrivant dans le vestiaire ?
A mon arrivée je ne connaissais que Malik car on a joué ensemble mais de nom je connaissais Lybohy, Robail, Sidibé ou encore Ech-Chergui… Honnêtement, cette ambiance fait notre force et c’est c’est ce qui fait notre force. Il y a des mecs calmes et il y a des mecs qui crient tout le temps comme Edmond Akichi. Il y a de tout et malgré ça on arrive à être sérieux quand on arrive sur le terrain.

Après l’élimination samedi dernier contre l’Entente SSG vous affrontez le RC Lens qui est en forme…
On veut repartir vers l’avant, faire une belle prestation et retrouver ce qu’on avait, nos valeurs, être ensemble et essayer de gagner à domicile, il n’y a que les victoires qui soignent les défaites. On va essayer de se servir de ce faux pas pour progresser.