Arrivé cet été en provenance d’Arras (CFA), Thomas Delaine a su s’adapter très rapidement dans le monde professionnel. Le latéral gauche du Paris FC s’est montré très régulier dans ses performances et a été élu joueur du mois d’août par les supporters parisiens. Thomas est revenu sur son parcours et a fait le bilan de l’entame du championnat. Entretien.

Tu as été élu joueur du mois d’août. Vois-tu cela comme une grande récompense pour tes débuts dans le monde professionnel ?
Je tenais à remercier tous les supporters qui ont voté pour moi car ça fait toujours plaisir de voir que le travail que l’on fait sur le terrain est apprécié par les gens autour. Je suis super content d’avoir été sélectionné dans les trois et d’avoir été élu. C’est positif, c’est bien !

C’est ta première expérience dans le monde professionnel…
Pour moi c’est un début super positif. On a été repêché en Ligue 2 et on a fait ce qu’il fallait pour réaliser un bon début de championnat. Il faut maintenant valider et confirmer sur ce mois de septembre, mais personnellement, le monde professionnel ne m’a pas impressionné plus que ça. Honnêtement, je pense que ça se joue surtout dans la tête. Mentalement, je suis arrivé à Paris avec un état d’esprit vraiment positif, avec beaucoup d’envie de bosser, de réussir, et le fait qu’on ait basculé en Ligue 2 ça n’a rien changé dans ma tête. Et je pense que les performances que j’enchaîne actuellement, je les enchaîne depuis deux ans avec Arras. C’est la continuité de ce que je faisais en CFA et j’arrive à le retranscrire pour le moment dans le milieu professionnel.

Quelles sont les différences qui t’ont marquées entre ces deux championnats?
Justement, j’ai remarqué deux grosses différences : en termes de jeu ça va beaucoup plus vite avec une, deux touches de balles, et dans le replacement et l’intensité, tout est multiplié par 2 ou 3. Au niveau de la vitesse de jeu, c’est quelque chose qui m’a marqué. La deuxième chose, c’est au niveau de la concentration. Si pendant une ou deux minutes tu n’es pas concentré du début à la fin du match, tu te retrouves tout de suite en difficulté et tu peux le payer assez vite cash. Contrairement à la CFA, quand tu sors d’un match de Ligue 2, physiquement tu es usé, mais mentalement tu es aussi pas mal entamé à mon avis, du moins pour mon cas.

Tu as passé sept ans au RC Lens, comment expliques-tu le fait que tu ne sois pas passé professionnel là-bas ?
Je pense que ce n’est pas uniquement de la faute du club et que j’ai aussi ma part de responsabilité. Je n’ai peut être pas fait à un moment donné ce qu’il fallait pour réussir à intégrer le groupe professionnel et m’imposer là-bas. Pour mon propre cas, je pense qu’avoir été formé à Lens et être natif de là-bas, ça m’a un peu desservi car malgré le temps qui passait, j’étais pour eux toujours le gamin de quinze ans qui était au club, gentil, qui connaissait tout le monde. Les gens ne pouvaient pas me voir du même œil que lorsque j’évoluais à Arras où quand je suis arrivé à Paris. On pensait de moi que j’étais encore un enfant.

Tu as un caractère plutôt réservé, comment s’est passée ton adaptation à Paris?
C’est ma personnalité. Je suis quelqu’un de réservé et plutôt timide. Je me suis adapté assez rapidement au groupe. De toute façon, c’est difficile de ne pas s’adapter dans ce groupe-la. Il y a beaucoup d’anciens qui te mettent à l’aise, beaucoup de chambreurs, il y a tout ce qu’il faut pour faire un bon groupe. J’avais connu ça à Arras dans le milieu amateur, mais dans le monde professionnel c’est hyper plaisant d’avoir un groupe qui vit, comme on vit depuis le début de l’année.

Avant de signer au Paris FC, tu avais signé un CDI de paysagiste…
Oui, je sortais de ma deuxième année à Arras et il fallait que je trouve une sécurité pour l’avenir car je suis quelqu’un qui veut assurer le futur, donc je devais trouver un emploi. Etant donné qu’Arras voulait continuer avec moi et vu que c’était un club amateur je voulais sécuriser mes arrières en cas de blessure ou autre. Je m’étais engagé dans ce travail-là qui ne me déplaisait pas. J’ai commencé le 1er juin et j’avais travaillé pendant deux semaines. Ensuite, je leur ai annoncé une semaine après que j’avais signé au Paris FC, mais j’ai quand même continué pendant quinze jours afin de permettre à l’employeur de trouver quelqu’un d’autre pour me remplacer et de ne pas partir comme un voleur.

Sur le terrain, tu es rapide comme l’éclair… Mais d’où te viens cette vitesse?
Tout le monde me le dit. Je pense que j’ai un profil assez atypique. J’ai de petites jambes et je ne suis pas taillé comme un athlète, ça fait quand même 14-15 ans qu’on a découvert que j’allais vraiment vite. Je n’ai pas d’explications mais je sais juste que mon père l’était aussi. Je pense que c’est génétique !

Un petit bilan sur l’entame du championnat ?
Je pense que sur les premiers matchs on surfait un peu sur l’euphorie du repêchage ensuite sur la qualification en coupe de la Ligue. Je trouve tout de même que les six matchs disputés ont été cohérents. Globalement c’est satisfaisant mais maintenant il faudra confirmer car on ne sera plus la surprise. On sera attendu comme une équipe de Ligue 2 qui a sa place en Ligue 2 et même quand on regarde nos défaites face au Havre et l’AC Ajaccio, ça a été dur mais on a pu confirmer notamment lors du match contre Niort. C’est ça le point positif. Vraiment sur tous les matchs qu’on a disputé on a existé, on a eu des occasions, on a une certaine conscience et en termes de points c’est important d’en avoir dix. Je ne pense pas que certains auraient parié sur nous.

Vous débutez une semaine à trois matchs avec notamment deux rencontres à domicile.
Il faudra être super conscient dans tous les aspects extérieurs pour bien préparer les matchs. De bien faire les soins, se reposer et bien s’alimenter pour être performants sur le terrain. Qui dit trois matchs dit neuf points même si c’est compliqué. On sent les supporters derrière. Je disais à ma famille que certes, on n’a pas le public de Lens ou de Reims, mais ceux qui sont là, moi en tout cas, je sens qu’ils sont derrière nous. Ils nous encouragent et je sens qu’il y a une proximité avec les joueurs. Même quand on a rendu hommage à Dédé, on sentait qu’il y avait un petit lien entre les supporters et les joueurs, c’est beau. Il vaut mieux avoir 2 000 supporters qui t’encouragent et qui sont derrière toi que 15 000 qui te mettent un peu la tête sous l’eau.