LALAINA NOMENJANAHARY

MILIEU DE TERRAIN, 31 ans

Né le 16 janvier 1986

Taille : 1,77m

Poids : 76kg

Au Paris FC depuis Septembre 2016

Né à Antananarivo (Madagascar), Lalaina Nomenjanahary a débuté le football dans son pays natal. A 7 ans, il est repéré par le club local lorsqu’il joue dans son quartier. Il prend ainsi sa première licence dans le club d’Ajesaia et y passe l’intégralité de sa formation avec l’obsession d’obtenir son baccalauréat qu’il finit par décrocher. Après avoir remporté le championnat, la coupe et la supercoupe de Madagascar, « Bolida », comme il est surnommé, rejoint pour une saison la JS Saint-Pierroise (Réunion), avant de revenir un an dans son club formateur. En 2010, il quitte son île natale pour rejoindre le CS Avion en CFA. Mais une blessure au ménisque l’écarte des terrains de longs mois. Ses performances ont tout de même tapé dans l’œil du RC Lens qui l’engage un an plus tard. En février 2012, il porte pour la première fois le maillot « sang et or » en Ligue 2 et ne quittera plus le groupe professionnel. Artisan de la montée en Ligue 1 (33 matchs, 4 buts), Lalaina découvre l’élite et inscrit son premier but face à l’Olympique Lyonnais lors de la première victoire lensoise en championnat (1-0). En mai 2016, il marque le but de la victoire lors de son dernier match sous le maillot lensois et quitte le RC Lens sous une standing ovation du stade Bollaert-Delelis. Polyvalent, Lalaina a également une forte expérience du haut niveau avec 95 matchs de Ligue 2 et 26 matchs de Ligue 1 à son actif.

SAISONSCLUBS MATCHSBUTS
2017-18ballclub.com/pfcwp/wp-content/uploads/2014/06/Paris-FC.png"" width="35" height="35" class="aligncenter size-full wp-image-1247" />PARIS FC (L2)
2016-17PARIS FC (Nat)
2015-16LENS RCRC LENS (L2)27 MATCHS1 BUT
2014-15LENS RCRC LENS (L1)26 MATCHS1 BUT
2013-14LENS RCRC LENS (L2)33 MATCHS4 BUTS
2012-13LENS RCRC LENS (L2)33 MATCHS2 BUTS
2011-12LENS RCRC LENS (L2)2 MATCHS-
2010-11Logo AvionAVION (CFA)9 MATCHS-
2009-10AJESAIA (Madagascar)

Des quartiers d’Antananarivo à Paris, Lalaina Nomenjanahary a accompli un rêve pourtant bien difficile à imaginer lors de son enfance. A 30 ans, l’international malgache (25 sélections) est revenu sur son parcours. Rencontre avec un homme qui n’oublie pas d’où il vient.

Lalaina Nomenjanahary a grandi à Antananarivo, capitale de l’île de Madagascar, l’un des pays les plus pauvres du monde. A 7 ans, l’actuel milieu gauche du Paris FC signe sa première licence dans le club de l’Ajesaia. « Je jouais souvent dans la rue et lors d’un tournoi de quartiers de la capitale, j’ai été repéré par un club local », raconte-t-il. Mais l’idée de devenir professionnel n’effleure pas son esprit. Car pour réussir à travers le sport, de nombreuses barrières se hissent sur le parcours des jeunes malgaches : « Sincèrement c’est très très difficile, à cause des infrastructures mais aussi du fonctionnement de l’Etat et de la Fédération. Le football à Madagascar, c’est juste pour le plaisir. Je ne pensais jamais être professionnel ».

Surnommé Bolida

Élevé par sa mère, Lalaina fourmille d’idées pour gagner un peu d’argent tout en suivant ses études. Une activité va lui faire naître un surnom : « Quand j’étais jeune, j’adorais fabriquer les petites voitures avec des boites de conserve et des canettes. Je faisais des petits bolides et d’autres jeunes me demandaient de leur en faire pour les vendre. J’en construisais tout le temps et les gens m’ont ainsi surnommé « bolida ». Si vous demandez Lalaina, personne ne pourra vous aider, mais si vous demandez Bolida, les gens comprendront tout de suite ! ».

De 18 à 20 ans, Lalaina se découvre aussi un talent pour le ballon ovale. Il a même reçu une convocation pour l’équipe nationale : « On aimait tellement le sport qu’en plus du foot on jouait aussi au rugby ! A Antananarivo, un tournoi est organisé entre les différents quartiers. Je représentais le mien au poste de trois quart centre et c’est là que j’ai tapé dans l’œil de l’entraîneur de la sélection. J’ai ensuite reçu deux convocations pour l’équipe nationale des moins de 20 ans : une au football et une au rugby ». Mais sa passion pour le foot le conduit vers le ballon rond.

La Réunion comme tremplin

En 2009, il fait ses premiers pas à l’étranger, sur une autre île, celle de La Réunion, et remporte à 23 ans le championnat de D1 Promotionnelle, première division réunionnaise, avec le club de la Saint-Pierroise. « Tout a commencé cette année-là », se souvient Lalaina. Titulaire d’un bac de Gestion, il est contraint d’arrêter après une année à l’Université : « Quand le football a commencé à être sérieux, je n’arrivais plus à suivre mes études. Il a fallu que je choisisse et j’ai stoppé l’école ».

Les sollicitations ne tardent pas à arriver pour Lalaina qui doit s’engager avec Hambourg en 2010 avant de vite déchanter : « Cela ne s’est pas fait car plusieurs personnes ont pensé qu’à leur gueule et à leurs poches. Le club d’Hambourg m’a lâché car on leur demandait trop d’argent ». Lalaina résilie son contrat avec Saint-Pierroise, effectue un essai non concluant au FC Lorient et retourne à Madagascar une saison avant de retourner à La Réunion. Hervé Arsène, sélectionneur de l’équipe nationale de Madagascar, vient alors à son aide. « Il a vu que j’étais capable de jouer à un haut niveau. Il a voulu que je fasse un essai à Lens mais cela ne s’est pas fait car je devais partir au FC Nantes avec Faneva Andriatsima, qui joue actuellement à Sochaux. Mais un problème de papiers nous a retenu », explique-t-il.

Il vient en France par amour

Lorsque sa femme rejoint la France pour poursuivre ses études à Paris, Lalaina rejoint le club du CS Avion en CFA grâce à Hervé Arsène, actuel Directeur du Centre de Formation du RC Lens. Après un essai sous le froid, le gaucher a du mal à convaincre mais un dirigeant pousse pour le faire signer. Mais l’aventure tourne au cauchemar. Après seulement trois mois, Lalaina se blesse au ménisque et ne jouera que 9 matchs en CFA. Seul dans le Nord, il ne peut compter que sur sa compagne qui fait les allers-retours lorsqu’elle le peut. Alors que son aventure touche à sa fin au CS Avion, le club voisin, le RC Lens, décèle son talent. « Un matin, Hervé Arsène me demande de venir au centre de formation de Lens. Je pensais qu’il allait me donner des affaires pour ramener à Madagascar. Je n’imaginais pas une seconde que j’allais signer à Lens. J’étais tellement désespéré de rester à Avion. Quand j’arrive dans le bureau, je vois les deux recruteurs de Lens et ils m’annoncent qu’ils voulaient que je signe au RC Lens ». Au moment d’évoquer le rôle d’Hervé Arsène, Lalaina nous confie : « J’ai beaucoup de respect pour ce Monsieur parce que c’est grâce à lui que j’ai pu devenir footballeur professionnel et je le remercie du fond du cœur ».

Une nouvelle histoire d’amour, le RC Lens

Lalaina débute en réserve au poste d’arrière gauche et s’entraîne de temps en temps avec les professionnels. Mais un concours de circonstances le mène en Ligue 2. « Le coach Jean Louis Garcia m’a convoqué pour m’entraîner toute une semaine. Il y avait des suspendus et je croyais que j’allais débuter contre l’AS Monaco. J’avais le stress de ma vie toute la semaine. En fait, c’était au match suivant qu’ils étaient suspendus ! ». Lalaina fait ainsi ses débuts sur le terrain du Stade Lavallois en février 2012 et répond aux attentes du coach lensois qui le gardera dans le groupe professionnel. Le début de son aventure lensoise. En trois saisons et demie, « Bolida » dispute 121 rencontres sous le maillot « sang et or », est élu joueur de la saison en 2012 par le quotidien régional La Voix du Nord, et participe à la montée du club en Ligue 1. Le 24 août 2014, il inscrit son premier but dans l’élite lors de la victoire 1-0 sur le terrain de l’Olympique Lyonnais. En juin 2016, la belle histoire entre Lalaina et le RC Lens prend fin et le milieu de terrain se retrouve au chômage malgré plusieurs sollicitations : « C’est difficile à expliquer ce qu’il s’est passé. Toujours est-il que je me suis retrouvé sans club et ce fut vraiment compliqué. Ce n’était pas facile à vivre, je venais en plus d’avoir ma fille. Et, mis à part ma femme, mes proches, et Dieu en qui je crois, personne ne m’a aidé, même pas mon agent ».

De Antananarivo à Paris

Alors qu’il s’entraîne avec la réserve du RC Lens, Lalaina échange régulièrement avec Jonathan Nanizayamo. « C’est un ami avec qui j’ai joué à Lens. Un jour, je lui demande de ses nouvelles et me dit qu’il est au Paris FC. En rigolant, je lui dis : “ vas-y je vais te rejoindre ” car je n’avais pas de club. Lui, a pris ça au sérieux et en a parlé au coach », raconte le milieu gauche parisien. Le 9 septembre 2016, Lalaina Nomenjanahary signe au Paris FC et rejoint en même temps sa femme qui travaille dans la capitale. « Jouer à Paris, dans une ville comme celle-ci, c’est magnifique. Je remercie les dirigeants, le coach et les joueurs qui ont également facilité mon adaptation. La vie quotidienne est totalement différente du Nord mais je m’adapte bien petit à petit », explique-t-il. Après 7 matchs sous le maillot parisien, l’international malgache (25 sélections) ne se sent pas encore à 100% : « Je n’ai pas fait de préparation d’avant-saison, c’est dur physiquement, et cela facilite les blessures. Aujourd’hui j’ai quelques pépins physiques qui m’empêchent d’être à 100%. J’ai pourtant bien débuté en enchaînant quelques matchs mais là ça fait 2-3 semaines que j’ai des petites blessures qui me gênent ». Mais cela ne l’empêchera pas de tout donner sur le terrain pour aider le club à se sortir de cette mauvaise passe. International à 25 reprises, Lalaina parle de « fierté » lorsqu’il évoque la sélection de Madagascar : « Représenter le pays, être reconnu dans la rue même par les plus jeunes, cela me fait chaud au cœur. Mais depuis 2013, je ne joue plus en sélection car il y a un souci entre moi et la Fédération ».