Le milieu de terrain Dylan Bahamboula a accepté de se livrer. De ses premiers pas au club de Linas Monthléry à son arrivée au Paris FC, rencontre avec ce jeune homme de 20 ans.

A quel âge as-tu commencé le football ?

J’ai commencé le foot lorsque j’avais dix ans, en fin de catégorie poussin deuxième année. Avant cela, je jouais uniquement dans mon quartier.

Peux-tu nous raconter ton parcours footballistique ?

J’ai commencé au club de Linas-Montlhéry, où jouait mon frère. Ensuite, j’ai passé des tests pour rejoindre l’Institut National de Football à Clairefontaine. J’y ai passé deux ans. Je m’entraînais là-bas et je jouais avec Linas-Montlhéry en U13 les week-ends. Après ces deux années à Clairefontaine, je suis allé directement à Monaco.

Comment as-tu eu l’occasion d’intégrer l’INF ?

J’ai eu l’opportunité de passer des tests. Il y a plusieurs étapes et après la cinquième, nous avons fait un stage. C’est comme un entonnoir, on est beaucoup au début puis ils commencent à sélectionner et font une liste où n’apparait que 24 joueurs.

Ensuite, tu as rejoint l’AS Monaco. As-tu passé des détections ou le club est venu à ta rencontre ?

Pour Monaco, cela s’est fait à Clairefontaine. Pendant les détections, il y avait beaucoup de recruteurs qui nous observaient. Il y avait d’autres clubs mais j’ai fait un choix et signé à Monaco.

Et pourquoi avoir choisi la principauté ?

J’ai visité le centre de formation ainsi que les terrains et notamment ceux de  la Turbie. Tout cela m’a fait choisir l’AS Monaco.

Tu as dû quitter l’Île-de-France pour une région que tu ne connaissais pas. Tu étais loin de ta famille… Cela n’était pas trop difficile ?

J’ai connu cela dès l’âge de 13 ans en intégrant Clairefontaine. Pendant la semaine, je n’étais pas avec ma famille, et le week-end je ne les voyais pas beaucoup car j’avais match. Le dimanche, je devais rentrer à Clairefontaine. De mes 15 ans à aujourd’hui, je ne voyais pas souvent ma famille, j’étais déjà forgé. Au début c’était difficile, mais avec le temps, j’ai vite appris à être un homme.

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Crédit photo : AS Monaco

En 2013 tu es devenu Champion de France U19 avec l’AS Monaco et tu as marqué 15 buts. Que retiens-tu de cette saison ?

Cette saison a été la meilleure depuis que je joue au foot. Après cette année, j’ai signé mon contrat pro avec  Monaco. Rien ne pouvait nous arrêter, il y avait des soldats derrière. On me passait le ballon, et moi, je finissais le boulot. Je ne retiens que de bons souvenirs de cette saison, que ce soit avec le coach ou avec tout le monde.

La saison dernière, tu jouais avec la CFA et tu as marqué 6 buts…

J’étais souvent sur banc avec les professionnels de Monaco. En CFA, je n’ai pas beaucoup joué parce que je ne m’entraînais pas avec eux. Je ne jouais avec eux qu’un week-end sur deux.

Comme tu le dis, tu as souvent été sur le banc, comment as-tu vécu cette situation ?

Au début, quand on est sur le banc, c’est magnifique. On voit les pros jouer, on ne demandes même pas à rentrer car on est tout nouveau, on découvre. Avec le temps cela commence à être frustrant. J’ai donc fais le choix de venir ici. Lorsque l’on est un compétiteur, être tout le temps sur le banc cela ne va pas.

Tu as côtoyé des grands noms du football. Qu’est-ce que cela t’as apporté ?

Que des conseils. Je vois leur professionnalisme… C’est impressionnant de les voir toujours avant et après les entraînements ! Quand on les regarde jouer, on sent qu’ils ont de l’expérience. Ils vivent et sentent le football. Des mecs comme Toulalan ou Moutinho, tu penses que tu vas leur prendre la balle… mais tu ne la récupères pas ! (rires)

Quel regard portes-tu sur ce nouveau Monaco ?

J’ai vu que leurs objectifs avaient changé et que maintenant, ils ont plutôt le regard tourné vers les jeunes, qu’ils recrutent beaucoup. Moi, j’étais là et comme je suis formé au club ce n’était pas évident. Je savais que je n’allais pas jouer donc je suis parti. Je pense que de recruter des jeunes est une bonne stratégie.

Cela ne te laisse pas un gout amer d’avoir été formé au club et de ne pas avoir pu t’exprimer ?

Un petit peu… Après ce n’est pas totalement de leur faute. C’était à moi de faire mes preuves. Le coach a fait ses choix. S’il trouve que je ne rentre pas dans le projet et que je ne suis pas bon, c’est son choix.

Nous sommes à la mi-saison, peux-tu faire un mini bilan de ta progression depuis ton arrivée ?

Cette saison, je découvre la Ligue 2 et un autre poste aussi car je n’ai jamais joué à droite. Mon bilan est plutôt mitigé : je suis irrégulier. Au poste où j’évolue, il faut des statistiques. C’est vraiment ce qui prime à ce niveau-là. On ne demande que cela, pour être bon, vu et espérer côtoyer les grands clubs. Sur ce domaine je ne suis pas assez pointu.

Tu as un profil très offensif. Tu préfères le rôle de buteur ou de celui qui dépose les ballons ?

Je préfère faire le lien entre le milieu et l’attaque. Moi j’aime bien démarrer les actions, tant mieux si elles peuvent être concrétisées ou si cela peut se conclure par une passe décisive. J’aime bien être le créateur, celui qui accélère le jeu.

Sur ton maillot le nom qui est inscrit est Moyo et non Bahamboula… Pourquoi ?

Tout simplement parce que Moyo est mon deuxième prénom et que je l’aime bien. Quand j’ai vu que j’avais la possibilité de le mettre, je l’ai fait.

Tu viens d’une famille de footballeurs. Ton jumeau Dolan est passé par le centre de formation de Nancy et ton grand frère, Plaisir, était au centre de formation de Sochaux. T’apportent-ils beaucoup de conseils ?

Oui, ils sont francs avec moi. Si j’ai été bon, ils me le disent et si je ne l’ai pas été, ils me le disent aussi. Cela m’aide beaucoup. Ils ont toujours un regard extérieur et me disent comment je dois me comporter, comment être. Quand ils sentent que je m’évade un peu, ils me redressent.

Tu as été retenu 2 fois avec les moins de 20 ans français. Qu’as-tu retenu de cette expérience ?

L’équipe de France, c’est un autre monde. Il n’y a que des gens qui vivent le foot… C’est un autre monde.

On a pu voir dans la presse que tu avais été sélectionné par Claude Le Roy, le sélectionneur du Congo. As-tu déjà une idée de ta future sélection ?

Non. Pour le moment, je me concentre sur ma carrière en club.

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